Mardi 18 mai 2010


La lecture de ce jour [Actes des apôtres 20, 17-27] nous invite à être témoins de ce moment bouleversant que dût être la rencontre de Paul à Milet, avec les « anciens » de la communauté d’Ephèse, alors que lui-même était en chemin vers Jérusalem où il allait être arrêté.
Je retiens de cette relation ce verset : « Mais je n’attache aucun prix à ma propre vie, pourvu que je mène à bonne fin ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus: rendre témoignage à l’Evangile de la grâce de Dieu ». Et dans ce verset, ces quelques mots avec lesquels Paul définit son ministère: « rendre témoignage à l’Evangile de la grâce de Dieu ». Je comrpends cela comme une invitation à, dans tous nos engagements, dans toutes nos rencontres, dans toutes nos prises de position, faire de nos vies une Bonne Nouvelle où nos interlocuteurs pourront découvrir et accueillir la présence de Dieu et sa miséricorde. Ce n’est pas une mince affaire, c’est un travail au quotidien qui nécessite de se tourner vers Dieu et de se nourrir sans cesse de sa Parole qui fait germer la vie.
Ce message est le dernier mis en ligne par moi sur ce blog… puisque je quitte la rédaction de « Croire aujourd’hui » pour aller « rendre témoignage de l’Evangile de la grâce de Dieu », ailleurs.

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Mardi 27 avril 2010


La liturgie de ce jour nous propose un extrait [assez court, versets 22 à 30] de ce merveilleux chapitre 10 de l’évangile selon saint Jean. Il faut [il faudrait] prendre le temps de le lire en une seule fois pour goûter la force de la Parole qui naît des enchaînements des événements et de la mise en proximité de quelques paroles. Lire lentement et suavement pour en retenir un mot ou une phrase qu’ensuite on garde dans la bouche comme le noyau d’une olive. Il n’apporte plus rien, si ce n’est sa présence !
Dans le passage qui est lu aujourd’hui, une phrase retient mon attention : « Combien de temps vas-tu nous laisser dans le doute ? Si tu es le Messie dis-le nous ouvertement ». Cette interpellation de ceux qui « se groupent autour de » Jésus est un peu surprenante [à moins que son auditoire ne soit très oublieux]. Ils lui demandent de lever le « doute » qui, à son propos, les questionne toujours… Pourtant, il y a eu des « signes », comme dit saint Jean. Cela ne suffit pas! Ils voudraient certainement quelque chose qui soit plus triomphant, plus clinquant, plus tape-àl’oeil, plus éblouissant, bref quelque chose qui fasse rêver… Et lui se contente d’accueillir, de donner du sens à ses paroles, de remettre à l’endroit ce qui semble à l’envers… Il n’essaie pas de prouver quoi que ce soit. Dieu n’est pas une réponse toute faite à toutes nos peurs et nos questions. Il est « la » question qui nous dérange pour nous provoquer à nous aventurer vers ce qui peut peut-être nous effrayer. La fin de l’interpellation n’est pas moins surprenante: « Si tu es le Messie, dis-le nous ouvertement ». Quand, dans quelques jours, quelques semaines, quelques mois, il s’y essaiera: cela deviendra un motif de condamnation. Nous aussi, nous aimerions que le Christ surgisse plus ouvertement dans nos vies, du moins est-ce ce que nous prétendons souvent, mais quand cela sera ou est, ne risquons-nous pas aussi de condamner celui qui s’invite trop profondément, au point de nous inviter à une vraie conversion.
On dirait une lecture en contrepoint de l’actualité: toujours à demander, en souhaitant des réponses, des mesures, des aides,… mais à condition que cela ne nous dérange pas trop!

 

croireTV : 3e dimanche Pâques

croireTV : 4e dimanche Pâques

croireTV : 5e dimanche de Pâques

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Mardi 6 avril 2010


Nous sommes dans l’octave de Pâques, c’est-à-dire le coeur encore habité
- par les textes du jeudi-saint où le service est mis au premier plan avec le récit du lavement des pieds,…
- par ceux du vendredi-saint avec le récit de la passion et de la mort sur la croix qui nous manifeste combien Dieu se fait proche de l’homme même là où celui-ci ne le soupçonnerait pas, dans ces moments de désespérance, de confrontation à l’absurde, de nuit noire…
- par ceux de la nuit pascale, du jour de Pâques et des jours qui suivent, tous nous tournant à découvrir le « re-surgissement de la vie » au-delà des chaînes et des puissances de la mort… La vie a le dernier mot comme un écho au premier mot de la création !

En fait vivre Pâques au quotidien, c’est croire que Dieu ouvre les tombeaux qui parsèment notre humanité… Mais pour qu’il y ait résurrection il faut que cette ouverture corresponde à un désir de vivre. Sinon la porte sera ouverte, mais pour quoi ?

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Jeudi 25 mars 2010


Aujourd’hui, 25 mars, nous fêtons l’Annonciation. C’est une fête qui dit une « bonne nouvelle » puisqu’est annoncée la naissance qui interviendra neuf mois plus tard. Sans entrer dans les débats quant à la chronologie et au pourquoi ces dates ont été retenues, il est bon au coeur de ce carême, route vers Pâques, de faire retentir la « bonne nouvelle » de l’incarnation. Il y a comme un prélude au mystère pascal. Oui, celui qui va connaître la mort, est bien un homme ; il lui faudra aussi neuf mois de gestation. Oui, celui dont nous allons accueillir et acclamer la résurrection est bien un homme. Dans ce cas, c’est toute notre existence d’homme, mais aussi toute l’humanité qui sont prises dans le mouvement pascal de glorification. Notre vie, depuis notre conception, est tendue vers cette vie promise et déjà réalisée, vie où nous partagerons pleinement la gloire divine. Quelle bonne nouvelle retentit !
Il est vrai que mon enthousiasme [au sens premier du terme : "transport divin"] est vite retombé à la lecture des quotidiens qui, comme à l’accoutumée, livraient leur « kyrielle » de « mauvaises nouvelles » sociales, politiques, internationales… Mais peut-être, est-ce là une invitation qui est faite aux chrétiens : n’auraient-ils pas mission dans la cacophonie ambiante, dans la morosité prégnante, d’indiquer que les ténèbres ne l’emportent pas, qu’une lumière peut luire ? En fait, l’Annonciation serait un vibrant appel à prendre en compte la beauté de notre humanité et sa grandeur pour en témoigner… puisque Dieu la choisit pour se révéler. Certes, il n’y aurait peut-être pas de « miracles », mais certainement des « choses à voir »… Si le chrétien est un écoutant de la Parole, il est aussi un « voyant » qui aperçoit ce qui n’est pas encore et un voyant qui aperçoit les signes qui montrent ce qui sera. En fait le chrétien n’avance pas à l’aveuglette, il progresse ves la lumière dont les premières lueurs brillent déjà dans l’humanité.

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Jeudi 18 mars 2010


Pour bien faire, il faudrait prendre le texte d’évangile de ce jour [Jean 5, 31-47] phrase après phrase, voire analyser pour quelques-unes les expressions les unes après les autres. Laissons ce travail à un livre d’exégèse.
Pour ma part, je n’en retiens qu’une, car je la crois très parlante dans le contexte d’aujourd’hui : « Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique! »
Sans culpabiliser, ni porter de jugement sur quiconque, nul ne peut nier que, d’une manière consciente ou non, il recherche approbations et reconnaissance des autres, que le regard d’autrui peut le paralyser ou l’encourager, que certains silences sont tenus pour ne pas être discrédité ou perdre la face ou toute aura de gloire, que certains encouragements ou acquiescements n’ont comme principale fin de se « pousser » ou de participer à une promotion, de conserver son statut ou de l’améliorer… Cela peut concerner les personnes publiques [politiciens ou ciennes, artistes, religieux ou ses de renom,...] mais aussi chacun d’entre nous dans la sphère de notre travail, de notre famille… Il n’est pas question de nier l’importance d’une telle attitude : nous avons tous besoin de reconnaissance, si ce n’est quand elle devient une compromission avec l’ère du moment, avec l’environnement [social, politique, éducatif, familial, religieux] et un souci devant lequel tout plie !
Il est bon pour équilibrer notre manière d’être et donc d’agir, de ne pas occulter la seconde partie de la phrase : « chercher la gloire du Dieu unique ». N’est-ce pas en cherchant la gloire divine que l’autre gloire, celle des hommes, nous sera donnée ? Comment ne pas penser à quelques figures récentes ou plus anciennes qui ont vécu cette expérience. Je prendrai un unique exemple : Mgr Oscar Romero, archevêque assassiné de San Salvador. Il est nommé à ce poste parce que les « autorités » gouvernementales [peut-être aussi les religieuses] pensaient qu’il ne dérangerait pas le pouvoir en place. La découverte des favellas et autres misères humaines désigne pour lui le travail nécessaire pour que la gloire de Dieu soit honorée. Il vit, au sens fort du terme, une « conversion ». Il cherche la gloire de Dieu en dénonçant ce qui abaisse, abrutit, piétine, aliène la dignité de l’homme… Il trouvera la gloire de Dieu et son message sera entendu, aura un écho, bien plus fort que la rafale de mitraillette qui prétend imposer le silence.
Peut-être, est-ce là un chemin d’ouverture : écouter la voix des hommes pour entendre la voix de Dieu et dessiner une voie divine sur la terre des hommes… même si certains de ceux-là la refusent.

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Jeudi 11 mars 2010


Jésus guérit un muet qui se met à parler… [Luc 11, 14-23]. La foule est dans l’admiration, mais certains commencent à murmurer sur l’origine de ses pouvoirs, soit en l’accusant d’être à la solde du « prince des démons », soit en réclamant un « signe » comme si faire parler un muet n’en était pas un. C’est un peu comme aujourd’hui, quand un événement se produit, événement qui participe à la construction de la société, du monde… il y a toujours des « râleurs », des gens qui estiment que… au lieu de prendre le temps de goûter et d’admirer ce qui participe à la continuation de l’oeuvre du Créateur.
Dans cette page d’Evangile, le dernier verset retient toujours mon attention : « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe ». Ce avec moi, en deux mots, exprime toute la vocation du chrétien.
Quand je rencontre l’autre, suis-je avec le Christ ?
Quand j’admire un beau paysage, suis-je avec le Christ ?
Quand je lis un bon roman, suis-je avec le Christ ?

L’essentiel n’est pas dans les oeuvres réalisées, il est dans l’être que je suis, et que je deviens par cet avec le Christ. C’est ce avec lui qui donne sens à la vie !

 

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Mercredi 3 mars 2010


Dans la page d’évangile de ce jour [Matthieu 20, 17-28] qui relate la troisième annonce de la passion et de la résurrection, la demande de la mère des fils de Zébédée avec le dialogue qui se noue entre Jésus et lesdits fils, enfin la réaction des autres disciples ["Les dix autres, qui avaient entendu, s'indignèrent..."], je retiens quelques mots qui peuvent être accueillis et goûtés en dehors du contexte : « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir ».
En laissant résonner cette phrase, comment ne pas voir le Fils de l’Homme servir son Père [prière, prises de parole, croix, résurrection,...], tout comme servir ses frères [rencontres, guérisons, dialogues,...]. Dans ce verbe « servir » utilisé par le Fils, tous les évangiles [et donc tout l'Evangile] sont contenus. Quelle invitation à regarder sa vie, pour découvrir les multiples formes que le service peut [pourrait] y prendre et percevoir que ce « service » c’est ce qui lui donne son sens, sa consistance, son avenir. Comment ne pas toucher du doigt que « servir les frères » c’est servir le Père en l’honorant dans ses fils, que « servir le Père » c’est servir les frères en faisant sa volonté pour oeuvrer à la transformation des relations, de la société, de la création.
En ce temps de carême, où nous sommes incités à parcourir notre existence pour y déceler comment nous pourrions la rendre plus manifestante à ce cheminement du Christ au milieu des hommes, il est important de laisser se prolonger un écho de ce « service », pour que notre « musique » personnelle chante le Père, dans la suite du Fils, par l’action de l’Esprit.
A n’en pas douter, « servir » de la sorte pourrait être éclairant pour repérer des actions menées si discrètement qu’elles sont ignorées du grand nombre, des actions qui ne visent qu’une gloriole éphémère, des actions qui disent que Dieu se fait homme encore aujourd’hui… parfois là où nous ne l’attendons pas.

 

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Mercredi 24 février 2010


L’évangile de ce jour [Luc 11, 29-32] nous rend témoins d’une réaction de Jésus à une demande de la foule : « elle demande un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas ».
Facilement est retenue l’interprétation : le séjour de Jonas dans le monstre marin figurerait le séjour de Jésus au tombeau avec l’aboutissement de la résurrection. Mais ce texte nous invite à nous poser une question : est-ce la seule lecture possible du « signe de Jonas » ?
Si nous reprenons le « conte » dans son ensemble, nous pouvons oser une autre interprétation. Le signe de Jonas ne serait-ce pas cette « conversion » qui l’affecte ? Dieu a mandaté Jonas, lui a confié une mission. Celui-là par peur a fui. La réalité l’a rattrapé et il lit le signe du temps et s’en va à Ninive pour accomplir sa mission : il parle ! Tout autant le « signe de Jonas » peut être accueilli à travers la « conversion » des Ninivites : la parole d’un homme, marquée par sa propre « conversion », produit des effets où il est possible de cueillir la présence divine qui se dit dans le pardon dont Jonas lui-même a bénéficié et est émerveillé [tardivement]… Bref, le « signe de Jonas », c’est qu’un homme envoyé par Dieu peut faire retentir la parole qui ouvre au sens, même les coeurs les plus endurcis… Dès lors, il est compréhensible que, dans notre texte, à deux reprises, Jésus affirme : « et il y a ici bien plus que » Salomon [dans le premier cas], que Jonas [dans le deuxième]. Si un homme envoyé peut être un signe, combien plus Jésus, le Verbe fait chair, peut l’être et sa Parole retentir au coeur des hommes pour les ouvrir au sens.
En parcourant les journaux, après quelques jours d’absence, je me disais, face à tous les maux, toutes les difficultés, dans les domaines divers [social ou politique, économique ou financier, voire religieux ou ecclésial] : si chacun de nous devenait un « signe », c’est-à-dire une parole qui se laisse recevoir de Dieu pour donner du sens à l’homme, quels changements seraient envisageables !

P.S. : Je mets ci-dessous les commentaires d’évangile du mercredi des cendres et du premier dimanche de Carême de cette année. Et même ceux du deuxième dimanche puisqu’ils sont déjà en ligne sur Croire.com.

 

croireTV : Mercredi des Cendres – Croire
Commentaire spirituel pour le Mercredi des Cendres

 

croireTV : 1er dimanche de Carême – Croire
Commentaire spirituel pour le 1er dimanche de Carême

 

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Jeudi 11 février 2010


Admirable et déconcertante, la scène d’évangile proposée à notre méditation en ce jour [Marc 7, 24-30]. Jésus s’est retiré à l’écart, discrètement, « mais il ne réussit pas à se cacher ». Une mère, dont l’enfant [une petite fille] est « possédé », vient jusqu’à lui pour qu’il fasse quelque chose. Or, cette femme, nous précise le texte de l’évangile, est « païenne », « de nationalité syro-phénicienne ». Jésus rappelle sa mission auprès des enfants du peuple élu et de la femme jaillit un cri de foi : « C’est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants ». Les « petits chiens » dont il est question sont à identifier avec les païens ; les « enfants » avec les fils et les filles du peuple élu. Les miettes, c’est ce « grain de sénevé » que peut être la foi de cette femme. Elle n’est certainement pas à même de confesser le « credo » du peuple, mais elle est prête à reconnaître que celui à qui elle s’adresse est celui qui dans sa lumière peut tout pour elle… et pour sa fille. Jésus ne s’y trompe pas et admire la foi de cette femme : « A cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille ».
Insistance de cette mère qui s’accroche et qui provoque Jésus a manifesté le plus qu’il est venu révéler : le salut est aussi offert aux païens… Tout cela parce qu’un dialogue s’est noué, une parole a circulé de l’un à l’autre, un souffle a donné la vie.
Et si les dialogues que nous tissons au fil de nos rencontres, de nos travaux professionnels, de nos échanges familiaux… se découvraient des lieux
d’une part où nous nous apprenions invités à aller au-delà, plus loin que nous le pensions,
d’autre part où, à travers nous, le salut s’incarnerait, rejoindrait nos interlocuteurs parce qu’irradiant notre vie.
Comme dans l’évangile, il faut certainement de l’audace, de la patience, du désir, de la disponibilité… et la volonté d’être la présence de Dieu pour que l’autre se tienne en sa présence.

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Jeudi 4 février 2010


Le texte d’évangile de ce jour [Marc 6, 7-13] nous propose de méditer, c’est-à-dire de faire nôtre, de mettre au creux de notre quotidien, l’envoi en mission des Douze. Il est intéressant de regarder d’un peu plus près ce passage.
En premier lieu, « Jésus appelle ». Ce qui fonde l’envoi qui va suivre, c’est un appel, c’est-à-dire une volonté de manifester une relation. Celui qui est envoyé ne part pas de son propre chef, mais parce qu’un lien a été noué. Pour dire cela avec d’autres mots : l’envoyé ne peut l’être que parce qu’il est entré en intimité avec son envoyeur. En arrière-fond, nous percevons ce qu’on pourrait dire de la Trinité et de l’Incarnation.
Ensuite, nous sont décrites les conditions de la mission : toute entière, elle repose sur la confiance. Celui qui est envoyé sait [même plus que savoir, il croit] qu’il ne sera pas abandonné, qu’il recevra ce dont il aura besoin.
Enfin, est signalé l’opérationnel : invitation à la conversion et participation à la mission du Fils en chassant les « esprits mauvais » et en guérissant.
A bien regarder, la mission confiée aux disciples trouve sa source dans l’originale qu’est la mission du Fils.
Et nous qui si souvent nous donnons de grands airs de « prêchi-prêcha » pour faire la leçon aux uns et aux autres, à coups d’argumentaires que nous pensons imparables et inéluctables… Si, pour vivre la mission, pour parler de celui qui nous envoie, pour agir en son nom, nous nous mettions à son école : humilité, désir de croissance et de l’accomplissement de l’autre, simplicité du langage et… non pas raisonnements, mais une foi passée au crible de la raison avec une raison nourrie de la vitalité de la foi…
En pensant à cela, certaines prises de position – parfois abruptes – me revenaient à l’esprit. En fait, trop souvent, sous prétexte de « défendre Dieu » ["notre" Dieu, faudrait-il dire], nous le trahissons !

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