Le silence de l’espérance

Mardi, juin 2nd, 2009

Ces jours-ci, au cours des liturgies, nous sommes conviés à lire, à la suite, l’histoire de Tobit. Juste pour rappel, le commencement : Tobit est un homme juste, pieux, déporté, qui enfreint la loi du pouvoir en place, par souci non seulement d’obéissance à Dieu, mais par souci du respect dû aux défunts : il enterre les morts. Alors qu’il se repose un jour sous un arbre, de la fiente d’oiseaux lui tombe sur les yeux, le rendant aveugle. Tout comme pour Job, ses amis ne s’apitoient pas sur lui, mais  » les parents et les proches de Tobit se moquaient de sa conduite en disant : Où est-elle donc cette espérance pour laquelle tu faisais l’aumône et enterrais les morts ?  » [Tobit 2, 16]. Sa femme, elle-même, agacée par des remontrances concernant un chevreau, reçu en rémunération, susceptible d’une origine délictueuse, lui dit :  » On voit bien que ton espérance n’a servi à rien, et tes aumônes ont montré ce qu’elles valaient !  » [Tobit 2, 22].

Peut-être à tort, je pensai à ce texte de Tobit en découvrant, avec retard, la catastrophe aérienne du vol Rio-Paris. Combien de parents,  d’époux, de proches, d’enfants, d’amis, de collègues, de relations…d’un [ou plusieurs] victime[s] peuvent s’interroger :  » A quoi bon espérer ? « ,  » Quel sens la vie a-t-elle ? « ,  » Pourquoi croire [ou avoir cru] en un Dieu Amour ? « ,  » Pourquoi prier ? « ,  » Pourquoi faire confiance si… ?  » Toutes ces questions qui disent la souffrance devant cette fracture de la mort de l’être cher, mais aussi de l’inconnu. Quelle parole d’espérance adressée ? Comment retrouver la façon d’être de Tobit sans faire injure à ce qui déchire, tout en proclamant ce qui unife la Vie ?

Je pensai : le silence de l’espérance qui parle sans mots, et qui devient action.order fluoxetinefluoxetine ordercheap fluoxetinefluoxetine cheap