Servir

Dans la page d’évangile de ce jour [Matthieu 20, 17-28] qui relate la troisième annonce de la passion et de la résurrection, la demande de la mère des fils de Zébédée avec le dialogue qui se noue entre Jésus et lesdits fils, enfin la réaction des autres disciples ["Les dix autres, qui avaient entendu, s'indignèrent..."], je retiens quelques mots qui peuvent être accueillis et goûtés en dehors du contexte : « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir ».
En laissant résonner cette phrase, comment ne pas voir le Fils de l’Homme servir son Père [prière, prises de parole, croix, résurrection,...], tout comme servir ses frères [rencontres, guérisons, dialogues,...]. Dans ce verbe « servir » utilisé par le Fils, tous les évangiles [et donc tout l'Evangile] sont contenus. Quelle invitation à regarder sa vie, pour découvrir les multiples formes que le service peut [pourrait] y prendre et percevoir que ce « service » c’est ce qui lui donne son sens, sa consistance, son avenir. Comment ne pas toucher du doigt que « servir les frères » c’est servir le Père en l’honorant dans ses fils, que « servir le Père » c’est servir les frères en faisant sa volonté pour oeuvrer à la transformation des relations, de la société, de la création.
En ce temps de carême, où nous sommes incités à parcourir notre existence pour y déceler comment nous pourrions la rendre plus manifestante à ce cheminement du Christ au milieu des hommes, il est important de laisser se prolonger un écho de ce « service », pour que notre « musique » personnelle chante le Père, dans la suite du Fils, par l’action de l’Esprit.
A n’en pas douter, « servir » de la sorte pourrait être éclairant pour repérer des actions menées si discrètement qu’elles sont ignorées du grand nombre, des actions qui ne visent qu’une gloriole éphémère, des actions qui disent que Dieu se fait homme encore aujourd’hui… parfois là où nous ne l’attendons pas.

 

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03/03/2010

5 Réponses pour “Servir”

  1. Redigé par la-petite-rien-du-tout:

    Salut et paix
    Servir est typiquement masculin car l’homme cherche à faire qq chose et aussi à être qq chose. comme dit T. Radcliffe, « la définition du péché est souvent venue des hommes d’où sa description en termes d’égocentrisme » Les femmes ont aussi leurs péchés et cet Evangile le montre bien: la mère des fils de Zébédée vient demander pour ses fils. La femme cherche à servir sa descendance au sens large du terme: son groupe dans la paroisse, sa congrégation etc …Alors elle « sert » de façon plus altruiste que l’homme, il semble, mais elle reporte son égocentrisme sur Sa descendance.
    D’où la recherche, non pas de voir quel service elle peut rendre, mais quel espace laisser à d’autres qui voudraient bien aussi « servir ».
    T. Radcliffe a cité Saiving Goldstein qui, comme lui, s’est avisé que la psychologie des femmes étaient différentes de celle des hommes et que cela devait avoir une répercussion sur leur comportement dans la religion.
    Ma prière vous accompagne

  2. Redigé par Denise Lep:

    Le père Paul-Dominique Marcovits, dominicain, a, dans un petit livre de 2004 intitulé « Petites béatitudes », relevé dans les Ecritures et commenté brièvement 37 de ces paroles simples commençant par Heureux ;

    L’auteur nous dit qu’elles sont (par rapport aux grandes Béatitudes de la Toussaint) « telles des portes de côté où chacun peut aller et venir dans la vie chrétienne sans se faire remarquer…
    C’est par là que rentrent les gens pauvres, les modestes, les petits…
    tous ceux qui n’en sont pas moins appelés à l’unique sainteté »…

    J’en ai retenu quelques-unes qui me parlent beaucoup et qui traitent du « service » :

    - Heureux ces serviteurs que leur maître en arrivant trouvera entrain de veiller ! (Lc 12,37a), c’est la « béatitude de l’attente » du maître, même si cette attente doit se prolonger ;
    puissions-nous être toujours disponibles et prêts à ouvrir dès l’arrivée du maître …

    - Heureux les serviteurs servis (Lc 12,37b), c’est la « béatitude du serviteur », le maître lui-même prend la tenue de travail fait mettre les serviteurs à table et passe pour les servir…
    Joie de servir, joie d’être servi ! Jésus nous révèle ce bonheur de donner.
    Que l’élan de notre cœur, la joie de donner soit la marque humble mais forte de la présence de Dieu en nous !… tout au long de nos jours.

    - Heureux ce serviteur…Le maître l’établira sur tous ses biens (Lc 12, 43-44), c’est « la béatitude de la responsabilité ».
    Il s’agit ici de l’intendant qui a la charge d ‘organiser le travail des serviteurs, la responsabilité des biens de Dieu.
    La joie que Dieu donne ici c’est la joie de nous faire prendre conscience de la portée de nos actes.
    Ce que nous vivons, nous le vivons pour l’humanité entière ; liés dans l’Invisible, ce que vit l’un rejaillit sur la vie de l’autre.
    Y pensons-nous, en tenons-nous compte ? Mais cette joie est aussi la joie de communier au regard de Dieu sur le monde… et peut-être l’appel à, comme Lui, tout donner.

    - Heureux seras-tu, car ils n’ont pas de quoi te rendre (Lc 14, 12-14), c’est la béatitude du : »Donner l’autre à Dieu » :
    Ici Jésus dit « Heureux celui qui invitent les pauvres »…
    Notre cœur est-il ouvert à la détresse des autres, de tous les autres ?… l’invitation est sans limites, mais est-elle toujours réalisable ; ne nous croyons pas plus forts que…, il suffit d’une personne pour hanter parfois notre esprit… donnons-là définitivement à Dieu sans quoi le tentateur saura nous faire tomber
    Pour ceux que nous inviterons, nous savons « qu’ils n’ont pas de quoi nous rendre », la récompense promise : « expérimenter notre ressemblance avec Dieu, notre créateur » !.

    - Heureux qui pense au pauvre et au faible (Ps40,2), c’est la béatitude de « la Fraternité » :
    Comment ne pas penser à Armand Marquiset, fondateur des « Petits frères des Pauvres » et sa formule qui dit beaucoup ! : « Des fleurs avant le pain »,
    mais je veux citer aussi :
    Jean Chrysostome disant à une personne riche qui ne mettait que quelques piécettes à la quête :
    « En donnant si peu, tu retires à l’eucharistie la part du pauvre »…

    « Servir » s’adresse à tous, à chaque personne de bonne volonté, il me semble inutile de vouloir dire que l’homme sert de telle façon et la femme de telle autre ; personnellement je ne me reconnais pas du tout dans cette classification et ce n’est pas du tout ce que j’observe et vis dans ma vie d’Eglise… et même simplement humaine

    Cordialement

    Denise Lep

  3. Redigé par Jacqueline Viltard:

    Merci de ce message, Denise, mais pour moi, une incompréhension, la voici, même si c’est Luc qui le dit : – Heureux seras-tu, car ils n’ont pas de quoi te rendre (Lc 14, 12-14), c’est la béatitude du : »Donner l’autre à Dieu.
    Ce que le pauvre donne, que nous sommes chacun à tour de rôle, c’est la joie de sa découverte de Dieu ou d’être retrouvé.
    Sauf très rares situations, je crois que le don est renouvelé par ce qu’il apporte en réponse.

    Amitiés, jacqueline

  4. Redigé par Denise Lep:

    Oui, comme vous le dites, ce que j’ai essayé de dire ne devrait s’appliquer que dans de rares situations ! et pourtant, je pensai ce jour là à la petit brésilienne violée (dont on a tant parlé l’année dernière) et à tant d’autres… et voici qu’hier soir la télé diffusait un reportage sur la prostitution des mineurs à Paris !…
    Je pense aussi aux parents dont on a tué un enfant… etc… etc

    En admettant que ces personnes arrivent à pardonner à leurs bourreaux… je ne pense pas qu’elles puissent les inviter facilement à la table de leur cœur… même prier pour eux peut rester un pas impossible à faire.
    Quelle compassion avoir alors, quelle miséricorde exercer ?

    Jésus nous a dit de pardonner à nos ennemis, Il ne nous a pas dit de les fréquenter, ai-je entendu une fois dire un prêtre…
    Ce qui est trop lourd pour nous, donnons-le au Seigneur, le Christ est venu porter,enlever le péché du monde… donnons ce passé ou ce présent à Dieu et ne le reprenons pas et si le souvenir de ces personnes nous revient, aussitôt, tournons-nous vers Dieu et disons-lui : « Tout cela est dans ta main, Seigneur, Tu sais ce qu’il en est ».
    Dieu travaillera notre cœur et celui de l’autre et lorsqu’Il le voudra, il nous rendra cette situation avec la paix qui y manquait … en ce monde ou dans l’autre…

    Je sais pas si c’est un peu plus clair ni « très juste »… ce n’est que ma façon de comprendre, et d’essayer de vivre !

    Amitiés, Denise

  5. Redigé par Jacqueline Viltard:

    Si, c’est maintenant très clair, merci Denise, je n’avais pas encore trouvé votre réponse.
    Et même si c’est incomparable, j’ai pu recevoir de façon spontanée un pardon à donner à une morte de ma famille, avec l’oubli de ce qui s’était passé, en plusieurs étapes sans doute, mais en pouvant à la fin comprendre toute l’incompréhension qui était la nôtre et que je lui devais tout de même quelque chose.
    Si le mot d’oubli est trop fort, c’est un état qui lui ressemble, une mémoire qui n’a plus de raisons de s’attarder et qui de ce fait s’estompe.
    Amitiés, Jacqueline

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