Mission

Le texte d’évangile de ce jour [Marc 6, 7-13] nous propose de méditer, c’est-à-dire de faire nôtre, de mettre au creux de notre quotidien, l’envoi en mission des Douze. Il est intéressant de regarder d’un peu plus près ce passage.
En premier lieu, « Jésus appelle ». Ce qui fonde l’envoi qui va suivre, c’est un appel, c’est-à-dire une volonté de manifester une relation. Celui qui est envoyé ne part pas de son propre chef, mais parce qu’un lien a été noué. Pour dire cela avec d’autres mots : l’envoyé ne peut l’être que parce qu’il est entré en intimité avec son envoyeur. En arrière-fond, nous percevons ce qu’on pourrait dire de la Trinité et de l’Incarnation.
Ensuite, nous sont décrites les conditions de la mission : toute entière, elle repose sur la confiance. Celui qui est envoyé sait [même plus que savoir, il croit] qu’il ne sera pas abandonné, qu’il recevra ce dont il aura besoin.
Enfin, est signalé l’opérationnel : invitation à la conversion et participation à la mission du Fils en chassant les « esprits mauvais » et en guérissant.
A bien regarder, la mission confiée aux disciples trouve sa source dans l’originale qu’est la mission du Fils.
Et nous qui si souvent nous donnons de grands airs de « prêchi-prêcha » pour faire la leçon aux uns et aux autres, à coups d’argumentaires que nous pensons imparables et inéluctables… Si, pour vivre la mission, pour parler de celui qui nous envoie, pour agir en son nom, nous nous mettions à son école : humilité, désir de croissance et de l’accomplissement de l’autre, simplicité du langage et… non pas raisonnements, mais une foi passée au crible de la raison avec une raison nourrie de la vitalité de la foi…
En pensant à cela, certaines prises de position – parfois abruptes – me revenaient à l’esprit. En fait, trop souvent, sous prétexte de « défendre Dieu » ["notre" Dieu, faudrait-il dire], nous le trahissons ! sildalis buy onlinebuy sildalissildalis pricesildalis onlinesildalis for saleonline sildalissildalis costo

04/02/2010

5 Réponses pour “Mission”

  1. Redigé par la-petite-rien-du-tout:

    Salut et Paix
    Timothy Radcliffe, comme dominicain, a fait beaucoup de préchi-précha mais il s’en exonère en précisant qu’il est, comme beaucoup d’autres, « hypocrite professionnel » Dont acte!
    Il y a beaucoup plus de témoins de l’amour de Dieu et témoins parce que Dieu, que de prêcheurs. Seulement ceux qui font qq chose sont la forêt qui est cachée par ceux qui sont devant et parlent!
    Tous les chrétiens devraient être des témoins car ils ont chacun une vocation, une place pour composer le puzzle que Dieu met en place, siècle après siècle. Et chacun peut, s’il le veut, être accompagné par l’Esprit Saint. Seulement dans l’Eglise catholique romaine, Il a peu de place! Demandez à un pratiquant au sortir de la messe s’il croit à l’action du St Esprit en lui, vous ne serez pas étonné par sa réponse: il n’en aura pas!
    L’Esprit saint ne répond qu’à celui qui le Lui demande et alors Il répond toujours! Essayez!
    La prière de l’ermite vous accompagne

  2. Redigé par Jacqueline Viltard:

    « Prêchi-prêcha », soutenu par la vanité, ou l’orgueil, ou le narcissisme, qui est stérile parce qu’il est fermeture du coeur.
    Oui, je cherche, Mon Dieu, à n’être pas dans le prêchi-prêcha, permets que l’Esprit me vienne en aide ou que je sache me taire, si je ne peux faire mieux.

  3. Redigé par nils.stalbrand:

    Paris, un jour où les oiseaux du jardin semblent avoir disparu, le gèle de Janvier les a-t-il tué?

    Lors de nos lectures d’adolescents, partir en mission ne posait pas de problèmes. Je me souviens de notre enthousiasme pour partir auprès des pauvres après avoir entendu l’Abbé Pierre.

    Nous sommes partis, nous sommes revenus, nous avons des souvenirs, et parfois dans la solitude nous nous demandons si nous n’avons pas fait du mal.

    Nous sommes revenus et nous nous apercevons, et pour vous ce n’est pas une révélation, que « les pauvres » sont à notre porte.

    Avons nous mal fait, avons nous été des touristes de la misère?

    Souvent nous avons honte. Peu de nous en voyage-mission ont maigris. Certains se ont enrichis auprès de leur banquier. Certain y ont posé les fondations d’une carrière lucrative.

    Pourtant, dans cette honte, dans cette richesse de souvenirs, dans la souffrance du souvenir de tous ceux rencontrés, où sont-ils maintenant, morts dans ma misère et la souffrance?

    Pourtant dans ce doute reste en nous la reconnaissance de ce que nous avons reçu. Nous sommes partis croyant « apporter », nous sommes revenus et peu à peu nous avons compris que nous avons reçu.

    Ensuite, mais là vous devez être libres de ne pas me lire où de me lire avec un sourire sarcastique et méprisant, et je vous donnerai raison.

    Revenant, vivant notre vie au milieu du boulanger, de l’épicier, du voisin, de l’école des enfants, certains soirs rêvant dans notre jardin, nous qui sommes partis, ils nous semble, oh bien vaguement, que nous sommes partis portant sur notre dos un seau dont nous ne pouvions pas voir le contenu, et que dans ce seau des mains ont pris, des mains ont déposé.

    De même qu’n Afrique la vachette maigrelette n’a aucune idée que si elle ne produit qu’une boite a bière de lait par jour, et qu’elle est inutile et gênante, cette cachette maigrelette a mangé des graines de buissons fixateurs d’azote et a répandu ces graines sur des dizaines de kilomètre et enrichi toute la région. Mais elle n’en sait rien.

    De même nous partis en mission, nous avons produit si peu que nous ne pouvons nous défendre lorsqu’on nous dit que nous avons été inutiles, sinon néfaste, pourtant nous avons porté un seau d’ici et là, seau qui s’est vidé, seau qui s’est rempli.

    Aujourd’hui nous sommes vieux, nous ne savons pas si notre mission a été un pêché ou une obéissance, et nous avons ce sentiment absurde que nous avons participé au grand voyage du partage de l’âme, où appelez cela comme il vous convient.

    En aurait été autrement si nous étions resté auprès de ceux de notre village?

    Peut-être

    Nous pouvons dire que nous avons reçu énormément dans cette mission dont le sens nous était caché, que nous avons souffert énormément, que quelque chose s’est passé.

    Et maintenant que comme l’abbé Pierre lors de son naufrage dans le Rio de la Plata, notre dernière phrase est « Seigneur pardonnez-moi, car je ne connais pas mes pêchés », et « Merci Seigneur d’avoir cru que j’étais digne de porter sur mon dos le seau que tu a rempli comme il te convenait ».

    Nils Stalbrand, très vieux, « Un éléphant dans mon carburateur ».

  4. Redigé par Jacqueline Viltard:

    Que votre message bouleverse, par ce que vous dites.
    Dans le seau que vous portiez, les mains inventaient la tendresse, donnée et reçue.
    Je dirai peu, car je suis restée,
    pourtant vous me donnez de pouvoir comprendre que je ne dois pas penser n’avoir rien fait, car j’ai rencontré des autres et certainement, me fut-il donné de les aider à se trouver.
    Mais cela m’échappe et n’a pas d’importance comme cela vous échappe aussi.
    Amitiés, jacqueline

  5. Redigé par Denise Lep:

    Je reprends la balle au bond !

    Oui, avec le temps qui passe, lui aussi, peu à peu tout nous échappe et il me semble que « cela est bon ».

    Au fil de nos jours, nous aurons tant soit peu irrigué les terres parcourues… sans toujours le savoir…

    Ainsi peut-être, pourrons-nous ne pas partir tout triste, tel le jeune homme riche auquel Jésus essaye de faire comprendre que c’est « le manque qui lui manque », mais dans la conscience d’arriver les mains vides.

    Denise Lep

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