Lève-toi, prends ton brancard et marche…

L’évangile de ce jour [Marc 2, 1-12] nous rend témoins d’une scène que nous connaissons bien. Des hommes conduisent à Jésus un paralysé, mais il y a tant de monde « devant la porte » qu’ils se décident à monter sur le toit, à le « défaire » pour descendre l’homme couché devant Jésus. Celui-là, dans un premier temps, lui pardonne ses péchés : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ». Ce qui déclenche des murmures dans l’assistance. Alors Jésus authentifie le renouveau qui se produit dans l’homme, en l’invitant à se relever : « Lève-toi, prends ton brancard et marche ! » Ce qu’il fait immédiatement.

Parmi les nombreuses lectures possibles, correspondant au cheminement spirituel de chacun, je vous propose celle-ci. Les porteurs « défont le toit », c’est-à-dire qu’ils « défont » tous les obstacles qui interdisent l’accès à Jésus, comme nous-mêmes nous devons « défaire » tout ce qui nous empêche de descendre au coeur de nous-mêmes pour rencontrer celui qui nous y attend, qui nous y précède toujours. C’est dans la mesure où nous vivons ce mouvement de « défaire », de libération, que nous pouvons descendre au coeur de nous-mêmes et rencontrer le Christ qui nous libère. Mais la recommandation qui est donnée pour vaincre les murmures s’adresse aussi à nous. Il nous faut nous lever [c'est le verbe de la résurrection] en emportant notre brancard, c’est-à-dire le signe de notre passé, de nos impossibilités, de nos limites…, au cas où nous oublierions qui nous a libérés, qui nous a sauvés : cet Autre et non nos mérites. Ce signe de notre passé nous devons le porter avec nous pour construire notre avenir ; il est une aide dans notre cheminement car à nous aussi il est intimé de marcher, d’aller de l’avant, pour être témoins de cette vie nouvelle que nous recevons, que le Christ nous donne.

Dans ce présent où les maux les plus divers nous atteignent directement ou solidairement avec notre prochain [chomâge, maladie, séisme aveugle, racisme - je fais allusion à une vidéo qui circule sur internet actuellement - ...], il est bon de repérer tout ce que nous avons à « défaire » et qui a bien souvent l’homme [les hommes] comme « faiseur » [donc parfois, souvent, nous !] pour rencontrer le Christ qui veut et peut nous relever et nous envoyer vers nos frères pour être témoins de la vie. Il est simple de dénoncer tout ce qui ne va pas, tout ce que « les autres » font, mais il est plus difficile de « défaire » dans notre vie [de lâcher, d'abandonner] tout ce qui nous aveugle, tout ce qui nous emprisonne, tout ce qui nous interdit d’aller au Christ, tout ce qui nous paralyse dans notre élan vers un monde différent, le monde voulu par Dieu, le monde inauguré par le Christ, Fils de Dieu, pour les fils que nous sommes. Il s’est fait l’un d’entre nous pour que nous découvrions que nous sommes faits pour partager sa divinité. sildalis canada buysildalis online cheapsildalis in usasildalis orderbuy sildalis usaorder sildalissildalis usa

15/01/2010

5 Réponses pour “Lève-toi, prends ton brancard et marche…”

  1. Redigé par Jacqueline Viltard:

    Merci, P. Jean-Luc Ragonneau.
    Ce soir, cette affirmation : nous avons à découvrir que nous sommes faits pour partager la divinité de Christ, s’est rapprochée de moi.
    Même brièvement, il me sembla comprendre combien notre attitude d’éternelle auto-accusation ou d’insatisfaction nous barre l’accès à Dieu, nous courbe plus qu’elle ne nous met debout..
    Et si une préparation insuffisante nous met en difficulté parfois, nous devrions rendre grâces si cela peut conduire à une prière ardente car l’espace de la prière nous conduit sur le seuil d’un autre lieu …mais, dégager l’accès, c’est désirer la rencontre, la désirer fortement, et aussi, être prête à l’attendre.
    Amicalement,
    jacqueline

  2. Redigé par la-petite-rien-du-tout:

    Salut et Paix
    Ce qui barre l’accès à Dieu est souvent le désir de notre perfection que nous croyons indispensable pour que Dieu nous regarde. Quelle erreur! Dieu nous aime tels nous sommes et Jésus, qui connaît bien ce qu’il y a dans l’homme est là pour nous montrer quelle amélioration Dieu souhaite pour nous. Qui n’est pas celle que nous pensons! Quand nous faisons des efforts dans le même sens que la grâce de Dieu nous y invite, c’est tellement démultiplié que nous sommes ahuris du résultat! Mais nous sommes si fiers d’y arriver tout seuls et nous ne n’y arrivons pas!
    Se laisser faire par Dieu et L’aider un petit peu sans impatience. Les porteurs n’ont-ils pas eu la patience de porter le brancard jusque la maison où était Jésus, de jauger la situation, bloquée, et de défaire le toit sans faire écrouler la maison? Ils n’ont pas dit: ce n’est pas le pardon des péchés que nous sommes venus chercher, mais la santé pour cet homme! Ils ont accepté que le chemin pris par Jésus pour le guérir ne soit pas celui qu’ils pensaient!
    La prière de l’ermite vous accompagne

  3. Redigé par Denise Lep:

    Pardon de ses péchés, guérison de son corps, c’est « le miracle » dans sa plénitude, la vie en abondance pour le paralytique ; cette vie, Jésus vient l’apporter à chacun de nous…pour peu que nous le voulions …

    Mais nous connaissons si mal, si peu nos véritables détresses…nos paralysies.

    Jésus ne nous les révèle que progressivement et bien souvent, seulement au moment précis où il nous en guérit. Oui Il nous fait prendre la mesure de notre péché dans la lumière de grâce même par laquelle déjà il nous pardonne et se donne lui-même à nous.

    « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri »

    Disons-nous cette parole avec foi, ou en demandant « inconsciemment » au Seigneur de rester à distance pour que nous n’ayons pas à lui montrer tous les recoins de notre cœur.?

    Seigneur, viens visiter toutes les pièces « de mon château », montre moi tout ce qu’il me faut abandonner, changer, restaurer, mais aussi tout ce qu’il m’est bon de garder pour marcher avec Toi et aider mes frères et sœurs à Te connaître.

    Denise

  4. Redigé par elyane:

    Quand Jésus prononce ces mots qui s’adressent également à nous , ce que je retiens , c’est la confiance absolue qu’Il met en nous et dans l’immense possible qu’Il laisse à notre liberté.
    J’en veux pour preuve ( mais il y a tant d’autres exemples dans le Evangiles ), la parabole des dix talents , que j’interprète de la façon suivante:
    Dieu nous a confié la Terre qu’Il a crée en nous laissant la liberté de la gérer, de devenir à notre tour créateur.
    Pour cela Il a donné à chacun de nous un  » talent « , si  » élémentaire  » et si infime qu’il puisse être ,  » talent  » que nous sommes appelés à faire fructifier de la meilleure façon qui soit , c à d , en le mettant au service de tous et de chacun , tirant également parti de ceux accordés aux autres.
    Dans la parabole , Jésus ajoute : Faites-les valoir , ces dons ,  » jusqu’à ce que je revienne  » .
    Comme pour l’un des serviteurs de cette parabole qui n’a rien osé faire et sera condamné par son maître car il a avoué à ce dernier sa peur de prendre quelque risque que ce soit , Jésus nous laisse entendre que c’est dans l’esprit d’audace et non dans la peur , dans l’audace de la foi en Sa parole que nous devons nous mettre en marche pour faire advenir son Royaume d’amour , de justice et de paix.
    Pour nous en persuader ne nous dit-Il pas en Jean 14,12 :  » En vérité , en vérité , je vous le dit , celui qui croit en moi fera les oeuvres que je fais et il en fera de plus grandes … ».
    Quand finirons-nous par comprendre et que nous faut-il de plus pour nous mettre en marche ?

  5. Redigé par Annie:

    merci pour tous ces commentaires si vrais – si vécus – sans polémique – cet évangile est tellement riche ….! restons vigilants pour qu’il nourrisse notre vie et nous mette en chemin malgré les obstacles. Nous ne sommes jamais seuls, et il est bon de pouvoir s’appuyer les uns sur les autres !

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