Le silence de l’espérance

Ces jours-ci, au cours des liturgies, nous sommes conviés à lire, à la suite, l’histoire de Tobit. Juste pour rappel, le commencement : Tobit est un homme juste, pieux, déporté, qui enfreint la loi du pouvoir en place, par souci non seulement d’obéissance à Dieu, mais par souci du respect dû aux défunts : il enterre les morts. Alors qu’il se repose un jour sous un arbre, de la fiente d’oiseaux lui tombe sur les yeux, le rendant aveugle. Tout comme pour Job, ses amis ne s’apitoient pas sur lui, mais  » les parents et les proches de Tobit se moquaient de sa conduite en disant : Où est-elle donc cette espérance pour laquelle tu faisais l’aumône et enterrais les morts ?  » [Tobit 2, 16]. Sa femme, elle-même, agacée par des remontrances concernant un chevreau, reçu en rémunération, susceptible d’une origine délictueuse, lui dit :  » On voit bien que ton espérance n’a servi à rien, et tes aumônes ont montré ce qu’elles valaient !  » [Tobit 2, 22].

Peut-être à tort, je pensai à ce texte de Tobit en découvrant, avec retard, la catastrophe aérienne du vol Rio-Paris. Combien de parents,  d’époux, de proches, d’enfants, d’amis, de collègues, de relations…d’un [ou plusieurs] victime[s] peuvent s’interroger :  » A quoi bon espérer ? « ,  » Quel sens la vie a-t-elle ? « ,  » Pourquoi croire [ou avoir cru] en un Dieu Amour ? « ,  » Pourquoi prier ? « ,  » Pourquoi faire confiance si… ?  » Toutes ces questions qui disent la souffrance devant cette fracture de la mort de l’être cher, mais aussi de l’inconnu. Quelle parole d’espérance adressée ? Comment retrouver la façon d’être de Tobit sans faire injure à ce qui déchire, tout en proclamant ce qui unife la Vie ?

Je pensai : le silence de l’espérance qui parle sans mots, et qui devient action.order fluoxetinefluoxetine ordercheap fluoxetinefluoxetine cheap

02/06/2009

4 Réponses pour “Le silence de l’espérance”

  1. Redigé par Dan:

    La Bible nous apporte-t-elle quelques éléments de réponse ?

    Je pense à ces passages : « Si nous avons mis notre espérance dans le Christ uniquement pour cette vie, alors nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes » [1Co 15, 19]

    « Prisonniers qui vivez d’espérance, retournez dans votre ville dont les murs sont relevés. Je vous l’annonce maintenant : je vous dédommagerai de vos souffrances par le double de bienfaits »
    [Za 9, 12]

  2. Redigé par EUGENIE:

    en lisant votre article, et en écoutant les infos, je pensais : venez à moi, vous tous qui peinez, et je vous procurerez le repos, bravo pour votre commentaire

  3. Redigé par annie:

    Devant cette horreur les mots manquent, (il ne faut cependant pas oublier tous les accidentés de la route etc…. et leurs familles), reste la prière pour nous, simples hommes….mais j’ai aussi envie « de rendre grâce pour toutes ces actions », et tout d’abord le soutien aux familles, pour les prières « officielles » de la grande famille des hommes, ainsi que tout ce qui est mis en action pour retrouver les restes de cet avion, que l’on aurait pu considérer « perdu corps et biens » ! Même si les intentions ne sont pas toutes pures, les recherches sont mises en route, avec toutes les possibilités actuelles, et dans des conditions difficiles ! Que d’énergie déployée ! Ainsi une catastrophe semblable pourra-t-elle peut-être être évitée.
    Aujourd’hui Magnificat nous donne à méditer le psaume 56 pour notre prière du matin : « confiance en Dieu dans la souffrance » – et ce cri déchirant de ceux qui souffrent sans comprendre se termine par la confiance en ce Dieu d’amour. Le chemin de toutes ces familles sera encore long et douloureux avant de passer le d’incompréhension – de la révolte si humaine – à la confiance, et je prie surtout pour ceux qui ne peuvent pas encore prier.
    En pensant à toutes ces énergies déployées, je me dis que si nous, chrétiens, nous nous mettions à la « recherche » de Dieu avec autant d’insistance…..le monde devrait changer !

  4. Redigé par Denise Lep:

    J’ai suivi en direct, hier, la cérémonie sur Radio Notre Dame, (bien évidemment et merci à tous ceux qui l’ont voulu ainsi, ce n’était « que sonore ») ; combien j’ai apprécié la sobriété, la délicatesse et la brièveté de chacun des représentants des différentes confessions et religions dans l’ expression de leur empathie envers tous les « souffrants » qui emplissaient la cathédrale de Paris. Pas de paroles superflues !, des lectures particulièrement signifiantes, des prières courtes et ce poème brésilien bien connu, certes, mais qui prenait une connotation de fraternité si émouvante…
    Mais, ce qui m’a le plus bouleversée, certainement, c’est le quart d’heure (environ) de silence, oui de (silence radio !) soutenu par un morceau d’orgues très lent et très faible, durant la procession de dépot au pied de l’autel des bougies apportées chacune par un membre d’une famille concernée…Un quart d’heure de silence sur une radio, cela paraît très long, sans un mot de commentaires ; j’ai vécu cela avec émotion et vraiment en communion avec le monde entier qui, plus ou moins, devait avoir une pensée pour ces instants parisiens.

    Oui comment ne pas penser alors « au silence de l’Espérance » qui parle sans mots, et qui devient action !

    Recevoir cette grâce par l’intermédiaire de membres de notre famille ou d’amis marque à jamais notre vie ! .

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