La « petite » qui ose !

Qui n’a entendu parler de Nojoud Ali ? Aujourd’hui, on parle d’elle… et même, certains le prétendent, les médias paieraient pour l’enregistrer, la photographier, l’interviewer…

Pourtant, hier, elle était bien seule la « petite fille » yéménite, « mariée de force » (une telle expression me semble inconvenante pour ce cas, comme ceux de ses autres compagnes), comme seconde épouse, à un homme qui a trois fois son âge… Hier, elle était bien seule quand elle prit le risque de fuir de chez ses parents où elle était en visite, pour chercher du secours auprès de la justice de son pays…

Hier, le juge qui a accueilli cet « enfant » (j’ose le terme même si la situation le dénonce) était bien seul pour s’orienter et prendre la décision de l’aider à divorcer, en faisant appel à une avocate, convaincue de la justesse d’une telle lutte.

Hier, cette avocate, elle-même, défenseure des causes délicates, était bien seule, face aux pression de tous ordres (tradition… religion… morale… force physique…), pour placer la cause de Nojoud sur le devant de la scène…

Portant la sagesse l’a emporté ! Nojoud a été libérée d’un lien qui la tenait en esclavage ; même, la loi a été modifiée… Mais que se serait-il passé si Nojoud avait rencontré un juge , sourd à son appel…

Hier en lisant et méditant le texte d’évangile du jour (Matthieu 25, 31-46), la scène du jugement dernier où le Fils de l’homme s’identifie à tous ceux qui sont marqués par un manque, en fait à tous ceux où il y a un creux pour être accueilli, creux de la faim, de la soif, de la tendresse, du savoir, de la dignité, de la justice, de la paix, de la liberté… ou tout simplement, comme pour Nojoud, du respect de son être d’enfant aujourd’hui et de femme demain… un lien s’est opéré avec l’histoire de Nojoud : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait… » Alors ce n’est pas seulement la bonne conscience qui gagne ou la mauvaise qui ronge, il y a un passage qui est vécu : celui qui fait franchir la porte d’entrée dans la solidarité qui ouvre sur un lendemain différent : Dieu solidaire de tout homme ne peut pas ne pas gagner ! Nojoud ne raconte-telle pas qu’elle entendait en elle une parole qui l’invitait à quitter son isolement forcé, sa situation anormale… Dieu se fait solidaire de l’homme et l’homme est invité à se faire solidaire des autres !

A la suite de Nojoud, d’autres petites filles se sont manifestées… et la liberté gagne ! Ce lendemain nouveau pour elles est déjà commencé !

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04/03/2009

Une Réponse pour “La « petite » qui ose !”

  1. Redigé par KELLER:

    J’ai mal à mon Eglise…
    Ces messieurs, tout de pourpre vêtus (entre autre symbole de richesse) n’auraient-ils pas pu se poser cette simple question : « Qu’aurait fait le Christ en présence de cette pauvre petite fille ? »
    Et qu’auraient fait ces prophètes du XXème siècle, tels que Dom Elder Camar, Mère Thérésa, Soeur Emmanuelle, Abbé Pierre…? Auraient-ils brandi le spectre d’une loi certes divine, mais dans ce cas précis, dure, violente, inhumaine ? Non, ils auraient fait preuve d’une immense compassion dans l’esprit de cette merveilleuse miséricorde christique, évangélique qui a sauvé tant d’êtres humains.
    Je regrette également beaucoup cette sanction pour l’équipe chirurgicale qui oeuvre souvent jour et nuit pour sauver des vies humaines ; mais eux, je l’espère, seront aptes à se défendre contre la bêtise.
    « Excommunication » un terme décidémment trop employé ces jours-ci !
    J’ai très mal à mon Eglise !
    M.K. 03

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