Dieu fait grâce

L’évangile de ce jour [Luc 14, 57-66] nous fait témoins de l’interrogation de l’entourage d’un nouveau-né. L’enfant a huit jours. Comme le veut la tradition, il est circoncis et doit recevoir un nom. C’est le père qui doit le lui donner ; or, celui-là a été rendu muet. C’est donc la mère qui prend la place. Et surprise, elle rompt avec la tradition : « Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père. Mais sa mère déclara : Non il s’appellera Jean ». Stupéfaction dans l’entourage et incompréhension sont telles qu’on se souvient de se tourner vers le père, « le muet ». Il écrit : « Son nom est Jean ». L’étonnement redouble… et « le muet » retrouve la parole : « Il priait et bénissait Dieu ». Une question naît : « Que sera donc cet enfant ? »

Il est bon de se souvenir que « Jean » peut se traduire par « Dieu fait grâce ». Non seulement la grâce pour le père de retrouver l’usage de la parole et pour la mère d’avoir été lavée de l’opprobre que représentait la stérilité… Mais Dieu fait grâce parce qu’il se manifeste comme présent et agissant dans le monde. A la question de l’entourage, il sera répondu par la suite : Dieu fait grâce en suscitant la conversion [cf. la mission du Baptiste]… Dieu fait grâce en désignant par lui Celui qui vient… Dieu fait grâce, c’est-à-dire qu’un monde nouveau est annoncé et commence à prendre forme. Pour le voir, il importe de croire, de faire confiance, d’espérer.

C’est déjà la Bonne Nouvelle de la Nativité qui est émise. Celle-là n’aura sens que pour ceux qui acceptent de rompre avec les traditions, les habitudes, les a priori, les certitudes, les enfermements… Dieu fait grâce : il se révèle dans un enfant appelé à grandir… un « sans parole » qui se manifestera comme le Verbe… C’est le Royaume qui est gros comme un grain de sénevé et qui deviendra un arbre où pourront se nicher tous les oiseaux. La force du chrétien, c’est d’espérer. Elle est un non à la morosité pleurant sur un passé insatisfaisant, elle est un oui se réjouissant de l’avenir encore inconnu.

N’est-ce pas la Bonne Nouvelle dont nous sommes porteurs en ces jours ? « Un optimiste, c’est un homme qui plante deux glands et qui s’achète un hamac » [Maréchal de Lattre de Tassigny].

 

croireTV : Fête de Noël – Croire
buy sildalis onlinepurchase sildalisbuy sildalispurchase sildalis onlinesildalis onlinesildalis purchase onlineonline sildalis

23/12/2009

4 Réponses pour “Dieu fait grâce”

  1. Redigé par Denise Lep:

    Oui, « la force du chrétien, c’est d’espérer »!… Mais est-ce vraiment une évidence pour nous, chrétiens déjà, et a fortiori pour ceux qui nous entourent, qui nous regardent vivre, qui peut-être attendent que nous partagions cette espérance avec eux ?

    Et pourtant, tout chrétien doit être prêt à répondre de son espérance à tout instant : « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » demande Saint Pierre » (1P3,15) ; l’espérance est donc pour chacun d’entre nous une « responsabilité », mais aussi un « défi » que nous avons à vivre en Eglise…
    En effet vivons-nous de l’espérance du Royaume que le Christ a fait éclore pour son Eglise, aidons-nous nos frères à donner une espérance à leur vies concrètes, avons-nous l’audace de montrer qu’il vaut la peine de vivre et éventuellement de mourir pour le Christ ? Sommes-nous certains qu’il est possible de vivre heureux, habités par l’espérance, à l’exemple de la vie de Jésus de Nazareth ?

    Que répondons-nous à la question « Que pouvons-nous espérer? » si souvent posée.

    L’Espérance doit être visible, vécue, elle doit trouver un « où », un lieu sinon elle risque de n’être qu’une illusion !
    Augustin a écrit dans la Cité de Dieu : « c’est uniquement l’espérance qui nous rend proprement chrétiens », autrement dit, elle permet au croyant de colorer d’un sens nouveau les réalités de la vie et ses rapports avec les autres.

    Le problème n’est pas tant de définir l’espérance, mais d’en vivre !
    C’est l’espérance qui maintient l’homme en chemin, qui le rend capable d’un avenir.

    C’est en Christ, que le chrétien trouve son espérance : « le Christ Jésus, notre espérance », (1 Tm 1,1), c’est à dire la lumière qui illumine tous les instants de sa vie…

    Oui, la victoire du Christ sur la mort devient pour le croyant l’espérance que le mal et la mort, dans toutes leurs formes n’ont pas le dernier mot. L’espérance entraîne donc avec elle « le pardon » et aussi « la foi selon laquelle l’événement pascal exprime la volonté divine de salut pour tous les hommes ».

    C’est en vivant de « la logique pascale » que notre vie exprimera notre espérance ; et si nous cherchons à voir aujourd’hui comme hier des récits autorisés de l’espérance chrétienne c’est vers les situations de martyre et de persécution que nous devons porter notre regard…car là l’espérance de la vie en Christ au-delà de la mort resplendit !

    « Si notre vie est espérance, alors elle sera éternité » (Augustin, me semble-t-il !)

  2. Redigé par Tétraèdre:

    Nous savons suivant la Révélation que la grâce du Saint Esprit devance la Foi catholique qui elle même devance l’Espérance puis nous conduis à la Charité qui elle ne passera jamais .
    La charité donc l’amour vrai est le fait de voir Dieu Trinité face à face dans son Omniprésence Omniscience et Omnipuissance . Par le pardon des péchés , l’adoration et l’Eucharistie dans la Communion des saints et des saintes
    La Charité ou l’amour vrai est un état d’être accessible en adorant Dieu le Fils par le Saint esprit pour la gloire du Père en sachant qu’il est vraiment le Chemin de la Vérité qui permet la Vie éternelle
    La foi en premier ( Faith First) est donc une erreur car la grâce divine devance toutes nos démarches vers Dieu

  3. Redigé par elyane:

    Définir l’espérance me semble important car comment vivre de ce qu’on ne connaît pas ?
    L’espérance pour moi est l’attente de ce monde nouveau promis par la bonne nouvelle de l’Incarnation.
    Ce monde nouveau , si nous affûtons nôtre regard ne peut-il apparaître au travers de celui qui s’étale sous nos yeux ?
    Cette promesse dont nous espérons qu’elle se réalise n’est-elle pas en attente en nous pour peu que nous en prenions conscience , nous dépositaire de Sa Parole ?
    Car Dieu nous a donné pour cela, toute la Grâce nécessaire .

  4. Redigé par Tétraèdre:

    Le Royaume promis est déjà là parmi nous depuis 2000 ans . À nous tous d’y adhérer non plus seulement dans la grâce la foi et l’espérance mais dans une réelle pratique de la Charité cette Charité qui est l’état d’amour vrai l’état de grâce permettant l’Eucharistie et la communion des saints et des saintes .

Laisser un commentaire