Déchirer la nuit

Ces jours-ci, la liturgie nous propose de lire le récit de la rencontre de Jésus avec Nicodème [dont le nom peut se traduire par "victoire du peuple"]. Le texte nous situe la « scène » en précisant que Nicodème vient trouver Jésus de nuit. Quelle est donc cette nuit ? Peut-être, celle liée au coucher du soleil… Pourquoi pas ? Celle des doutes, des questions, des peurs,… [qui vient après la clarté des évidences, des certitudes,...] qui habitent Nicodème devant cet homme dont l’enseignement le surprend et le dérange, devant cet homme qui pose des signes dont le sens est assuré :  » personne ne peut accomplir les signes que tu accomplis si Dieu n’est avec lui… «  [Jean 3, 2]. La suite du long discours que Jésus tient pour répondre à une question de Nicodème est toute orientée vers le passage à la lumière. La  » nuit  » de Nicodème sera déchirée par la lumière qu’est le Christ, comme la nôtre peut l’être.

En parallèle avec ces réflexions, je rumine depuis deux jours ce qui s’est passé à la Conférence de Genève, conférence de l’ONU réunie pour dénoncer le racisme, l’intolérance… c’est-à-dire pour sortir d’une certaine nuit de l’obscurantisme. Or, le président iranien – qui s’en étonne ? – a d’entrée de jeu manifesté son choix. Il ne s’agit pas de donner un aval à tout ce qui se dit ou se fait en Israël et dans les Territoires palestiniens. Mais croit-on vraiment pouvoir construire la paix en  » éliminant  » verbalement – à défaut de ne pouvoir le faire physiquement – celui qu’on pourfend comme son ennemi ? L’intérêt d’une telle discussion comme celle de la Conférence réunie aurait été non de convaincre les différents partis [ne rêvons pas !], mais de prendre conscience qu’on ne peut vivre et se développer qu’en reconnaissant l’autre et son altérité et partant en voulant réellement co-exister. Cela n’est pas le cas de Monsieur Ahmadinejad.

Plongés dans cette  » nuit « , il nous est difficile d’affirmer où est la bonne route, où se trouve le chemin des possibles qui peuvent conduire au croisement du réalisable. Ce n’est certainement pas celui de la négation ! Pourtant il urge de se mettre en route, car il suffit de tendre, un tant soit peu, l’oreille pour percevoir que le « vieux démon » [l'horrible bête] du racisme rôde et n’hésite pas, quand les circonstances s’y prêtent, à se manifester. Combattre le racisme sous toutes ses formes [et elles sont nombreuses] est un devoir … humain ! Ce dernier devient une exigence pour ceux qui se disent chrétiens : peut-on affirmer que Christ est  » la  » lumière pour tout homme et exclure de ce  » tout homme  » une catégorie ou l’autre de l’humanité ? Certainement pas !

Aussi, à défaut d’un texte clair et fort, émanant de la Conférence de Genève [du fait de l'absence de certains pays], chacun pourrait là où il vit, habite, travaille, étudie, se détend,… poser des jalons qui seraient un contre-discours de Monsieur Ahmadinejad, non plus excluant tel peuple ou tel autre, mais annonçant la volonté de reconnaître l’universalité du désir de respect, de tolérance, de vivre-ensemble : être rassembleur au lieu d’être diviseur !

La  » nuit  » se déchirerait… Le jour poindrait…Buy fluoxetinefluoxetine Buyfluoxetine costcost fluoxetine

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22/04/2009

3 Réponses pour “Déchirer la nuit”

  1. Redigé par Alina:

    Déchirer la nuit… Déchirer le voile (du « temple »)… il y faut de la patience… et tenir compte des fuseaux horaires !

  2. Redigé par Marine:

    J’aime bien ce Nicodème. Ne pourrait-il pas être l’un de nous ?
    Il essaie de comprendre et interroge Jésus. Comme Marie il pose des questions qui commencent par « comment…?
    Il souhaite entrer dans ce mystère et s’unir à ce mystère mais il veut au préalable « déchirer la nuit »de la peur, de la nuit du mystère…
    Nicodème rejoint vraiment ce que nous pouvons vivre.
    Comme il est parfois difficile d’accepter de ne pas tout comprendre !

    Marine

  3. Redigé par Denise Lep:

    Oui, moi aussi, j’aime Nicodème comme aussi j’aime beaucoup Thomas ! Tous deux posent des questions à jésus, ils le « force » à aller plus loin, à se dévoiler, à se faire comprendre…
    Pour moi il ne me serait pas agréable de tout comprendre, il me semble qu’il manquerait quelque chose à ma vie…Une vie sans questions, « un grand fleuve tranquille », comme on dit souvent, serait morne.
    Beaucoup disent cela de « l’éternité », non ce n’est pas cela que je veux dire car alors nous serons dans la plénitude de l’amour : « tout et tous en Dieu ».
    Mais cette plénitude nous pouvons, nous devons y travailler dès ce monde : en accueillant Dieu comme Père, en accueillent Jésus comme frère nous pouvons « instiller » de la paternité et de la fraternité éternelles dès maintenant ; oui pour cela, il faut regarder l’autre, chacun des autres, tous les autres comme un compagnons d’éternité…et ce n’est pas toujours facile…c’est vrai !

    C’était un premier janvier (trés froid) dans une paroisse ; à l’entrée de l’église une personne étrangère attendait des entrants une petite pièce éventuelle…au début de la messe elle entra discrètement pour être au chaud. Le célébrant accueillit les fidèles en disant que : « nous n’étions pas nombreux mais que ce n’était pas une fête d’obligation et d’ajouter : « et vous qui venez faire la manche, aujourd’hui ça ne va pas rapporter grand-chose »…J’ai failli sortir… mais je suis restée… me disant que ce que j’avais préparé pour la quête éventuelle serait pour elle avec quelques mots. Je n’ai pas été la seule à réagir de cette façon et je pense « qu’elle fût malgré tout contente de sa matinée »…Plusieurs dimanches nous avons échangé, (moi et d’autres) essayant de l’aider et de lui donner des pistes… un dimanche elle est venue avec des bouquets de jonquilles « à notre bon cœur » c’était apparemment son « au revoir »….je n’oublierai pas son sourire ni ces quelques dimanches de compacnonage d’éternité.
    Denise Lep

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