Bonne nouvelle !

La lecture de ce jour (Genèse 37, 3-28) m’a invité à prier avec ce que les uns et les autres ont pu écrire ces jours derniers dans les journaux, sur divers sites, sur ce blog… et à en faire mémoire. En effet, il s’agit du récit de Joseph vendu par ses frères. Nous avons déjà souvent lu cette histoire, nous nous nourrissons d’un des divers sens qui peuvent lui être donnés. Personnellement, je me suis arrêté à la dernière phrase : « Quand arriva la caravane, ils retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites, et ceux-ci l’emmenèrent en Egypte ». Cela donne l’impression d’une impasse… Mais nous connaissons la suite : nous savons que cette impasse se révèlera la route empruntée par la poursuite du dessein divin. Là où tout semblait devoir buter, tout a continué ! Cela m’a rappelé cette phrase de Charles de Foucauld : « Dieu fait servir les vents contraires pour nous conduire au port ».

Il me semble à repenser à tout ce qui a été écrit suite au « NON » formulé sur ce blog, il y a quelques jours, que, pour l’Eglise, des « vents contraires » ont paru se lever et bousculer la barque sur laquelle nous avons pris place, mais ne serait-ce pas pour la conduire au « port » ? En effet, quelle émotion à lire les prises de position, diverses et variées ! Il était perceptible que l’Eglise comme « peuple », comme « communion »,… vivait. Beaucoup ont pris la parole pour dire leur mal, leur souffrance, leur incompréhension, leur difficulté à se situer… Mais ils ont pris la parole. Ils ne se sont pas retirés, bouche bée, sur la pointe des pieds, parce qu’un évêque avait parlé. Peut-être qu’à travers ce fait triste, malheureux, regrettable, et la décision prise par l’archevêque de Recife, un certain nombre de catholiques ont pu dire : l’Eglise qui doit parler, c’est aussi nous… il n’y a pas qu’à attendre une parole d’en haut. Les chrétiens n’ont pas à être aux ordres d’une instance… ils reçoivent comme cette instance l’appui de l’Esprit Saint qui peut leur inspirer les mots à dire pour s’encourager mutuellement à chercher la volonté de Dieu. Pour moi, ce fut, là, une bonne nouvelle !

De plus, je pense que vous l’avez constaté, quelques évêques ne sont pas restés muets et ont exprimé des choses fortes et riches pour l’Eglise. Si vous n’avez pu lire cela, je vous invite à aller sur le site de la Conférence des évêques de France, ou sur celui de La Croix.

En un mot, ce que j’ai entendu à travers les prises de parole, les vôtres et celles exprimées ailleurs (même par celles qui furent parfois discourtoises, et donc non publiées), c’est qu’un amour commun de l’Eglise nous anime et qu’un désir commun nous habite : qu’elle soit le témoin de ce message unique qui peut donner sens à la vie : la miséricorde aimante du Père, révélée en Jésus le Christ, et reçue dans l’Esprit qui nous en fait vivre. Il y a là un chemin nouveau qui peut se dessiner.

Peut-être, cette prière de Marie Noël (1883-1968), dans ses « Notes intimes » peut nous aider : « Seigneur, comme l’époux amène sa jeune épouse dans la maison qu’elle ne connaît pas et que la belle-mère gouverne, Tu m’as emmenée pour vivre avec Toi dans la maison de Mère Eglise. La jeune épouse doit vivre avec sa belle-mère, et la loi de la belle-mère est souvent plus dure que celle de l’époux. La belle-mère parfois commande plus qu’elle ne devrait, elle abuse de son âge, de son expérience, de son autorité, du respect qu’elle inspire. Et la petite bru la craint. Elle n’ose pas respirer à sa guise à côté d’elle. Mais, pour l’amour de l’époux, elle se soumet. Ainsi, Seigneur, chez Mère Eglise, je n’ose guère être moi-même. Je me tais. J’ai peur d’elle dès que je pense – je redoute ses mains humaines qui sont dures et inflexibles – mais pour l’amour de Toi, Seigneur, je ferai tout ce qu’elle voudra. Il est bon qu’elle me surveille et qu’elle m’empêche d’être un peu folle trop légèrement, à tes côtés, comme une petite fille sans savoir ni sagesse. Elle sait mieux que moi ce qui convient. Mais, ô Toi, mon Seigneur que j’aime, Toi, en qui j’ai ma seule défense, dis-lui qu’elle ne serre pas trop sur ma poitrine ses mains puissantes, dis-lui qu’elle me laisse respirer un peu. Si Tu le lui dis, mon Seigneur, elle T’écoutera, Toi, qu’elle aime, elle m’épargnera à cause de Toi. Et nous nous aimerons l’un l’autre, parce que nous T’aimons et que tu nous aimes ».

Benoît XVI écrit dans sa lettre aux évêques de l’Eglise catholique, datée du 10 mars, citant saint Paul : « Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres ! (Galates 5, 15) ,  et il continue : « J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce « mordre et dévorer » existe aussi aujourd’hui dans l’Eglise comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates ? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations ? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté ? Et que toujours nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour ? » 

Oui, que ce soit l’amour qui guide notre liberté (en particulier d’expression) pour faire de l’Eglise, le Corps du Christ où tous les membres sont importants, du plus prestigieux au plus faible (cf. 1 Corinthiens 12), où toutes les voix content de même que toutes les voies comptent !buy sildalis onlinesildalisbuy sildalissildalis reviewssildalis onlinesildalis erfahrungonline sildalis

13/03/2009

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