Annoncer le Royaume

Aujourd’hui le texte d’évangile [Luc 9, 1-6] nous invite à recevoir l’envoi en mission des Douze, par Jésus. Dans le court passage, trois éléments se combinent : puissance et pouvoir sur tous les démons et sur les maladies ; conditions de l’envoi ; proclamer le Royaume de Dieu.

 Le premier manifeste que les disciples sont investis pour poursuivre la mission de Jésus, en rendant perceptible le salut que Dieu veut pour l’homme. Les guérisons ne sont pas à penser uniquement dans le domaine physique, mais peuvent concerner toutes ces « maladies » qui diminuent l’homme, comme l’égoïsme, l’individualisme, la violence, la haine, le mépris, le racisme,… La liste pourrait s’allonger, non indéfiniment car seul l’amour est infini, mais elle pourrait toucher nombre de lieux de nos existences. Or le message du Christ veut et peut nous guérir de ces maux !

Les conditions de l’envoi, au-delà de leurs aspects matériels, veulent nous rappeler que ce qui peut soutenir l’envoyé, c’est la confiance mise en l’envoyeur qui ne peut manquer d’accompagner celui qui l’envoie. Recevoir tout de lui est la force pour vivre librement la mission et ne pas la limiter à nos possibles. C’est cette confiance qui peut fonder et forger l’audace des disciples du Christ !

Enfin, proclamer le Royaume de Dieu dont l’authenticité sera perçue dans les guérisons. Cette proclamation, c’est faire sien le message du Christ pour dévoiler aux hommes qu’il est celui qui donne sens, qui bouscule les a priori, les certitudes… Ce message ouvre la vie à des temps nouveaux et à une terre nouvelle !

L’évangéliste prend soin de nous signaler que les « apôtres » passent « de village en village », autre manière de nous dire que toutes les dimensions de notre existence ont à accueillir la Bonne Nouvelle annoncée, qu’aucun de nos terrains de vie n’échappe à ce message renouvelant. Bref, accueillir la Bonne Nouvelle, c’est vivre en travaillant à la conformation à cette Parole qu’est le Christ !

En réfléchissant à cela, je pensai à un merveilleux livre, lu la semaine passée, le « Journal » d’Hélène Berr. Née en 1921, elle est morte à Bergen-Belsen en 1945, déportée parce qu’elle était juive ! Durant les années 1942 à 1944, elle tient sont journal : ce qu’elle vit, ce qu’elle ressent, ses rencontres, ses passions, ses engagements, ses peurs… Mais surtout elle porte un regard autre sur la laideur du monde qui l’entoure. Quel lien avec ce qui précède ? Elle a quelques pages qu’un catholique ne peut que méditer. Je préfère lui laisser la parole : « [...] Est-ce que les catholiques méritent le nom de chrétiens, alors que s’ils appliquaient la parole du Christ, il ne devrait pas exister une chose qui s’appelle : différence de religion, et de races même ? [...] qu’ont-ils fait du Messie ? Ils sont aussi mauvais qu’avant sa venue. Ils crucifient le Christ tous les jours. Et si le Christ revenait, n’aurait-il pas les mêmes paroles à répondre ? qui sait si son sort ne serait pas le même ? [...] Samedi, j’ai lu aussi l’Evangile selon saint Matthieu ; … je n’ai pas trouvé autre chose dans les paroles du Christ que les règles de conscience auxquelles j’essaie d’obéir d’instinct. Il m’a semblé que le Christ était plus mien que celui de certains bons catholiques ».

Quelques lignes encore que je trouve très fortes pour une jeune fille d’une vingtaine d’années : « J’ai été frappée, en lisant l’Evangile, par le mot « convertir ». Nous lui avons donné un sens précis qu’il n’avait pas. Dans l’Evangile, on dit : « Le méchant s’est converti », c’est-à-dire s’est changé, est devenu bon en écoutant la parole du Christ. Pour nous maintenant, se convertir, c’est aller à un autre culte, à une autre église… Comme les hommes sont devenus mesquins en croyant devenir intelligents ! » [ces différents passages se trouvent à la date du lundi 11 octobre 1943].

Alors, annoncer le Royaume, n’est pas prendre l’Evangile comme une Parole de Vie, une Parole pour la Vie, une Parole qui fait vivre différemment ?can you buy motilium over counterorder domperidone from canadageneric motiliummotilium cheapbuy motilium domperidonepurchase motiliumcan i buy motilium over the counter

23/09/2009

9 Réponses pour “Annoncer le Royaume”

  1. Redigé par jejomau:

    Certainement , se convertir c’est « changer » . J’étais méchant, je deviens bon . Oui . Mais celà ne se fait pas sans Dieu . C’est aussi une certitude dont il n’y a pas lieu ici de débattre . Or je sais quant à moi ce qu’affirme ma religion depuis les Temps apostoliques (et ceci a été payé par le sang dans d’affreuses tortures ) :

    « Ac 4:7- Ils firent comparaître les apôtres et se mirent à les questionner :  » Par quel pouvoir ou par quel nom avez-vous fait cela, vous autres ?  »
    Ac 4:8- Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur dit :  » Chefs du peuple et anciens,
    Ac 4:9- puisqu’aujourd’hui nous avons à répondre en justice du bien fait à un infirme et du moyen par lequel il a été guéri,
    Ac 4:10- sachez-le bien, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus Christ le Nazaréen, celui que vous, vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par son nom et par nul autre que cet homme se présente guéri devant vous.
    Ac 4:11- C’est lui la pierre que vous, les bâtisseurs, avez dédaignée, et qui est devenue la pierre d’angle.
    Ac 4:12- Car IL N’Y A PAS D’AUTRE NOM AU CIEL donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés.  »

    ….. Et c’est pourquoi se convertir entraîne le changement de culte et le passage à une aute église… Celle du Christ

  2. Redigé par Michel P:

    Un prètre est le berger du troupeau du Christ. Oui?

    Quel réflexe constant, Mon Père, avez vous de prendre des exemples qui dénigrent votre troupeau !
    Ce qu’exprime cette jeune femme, dans l’acuité que lui impose l’épouvante de sa situation, est utilisé pour condamner.
    Tous les catholiques doivent ils être parfaits ?
    Etre chrétien, est ce un état abouti, ou un devenir, une aspiration?
    Il apparait dans vos commmentaires qu’être chrétien est la marque d’une petitesse, d’une médiocrité crasse.
    Parfois comme tout humain, simplement humain.

    Votre fonction consiste – t – elle à enfoncer la tête sous l’eau d’une partie de l’humanité, sous prétexte que des individus qui n’en sont pas ont une conscience plus vive?
    Ou bien avez vous choisis votre fonction Pastorale pour apprendre à respirer à ceux qui se noient dans un verre d’eau, ou dans un ocean de questionnement maladroits, ou qui nage mal?

    Vous enrobez de sucre, Mon Père, et le contenu est amer.

  3. Redigé par fraber:

    Vous écrivez ceci:
    « Pour nous maintenant, se convertir, c’est aller à un autre culte, à une autre église… Comme les hommes sont devenus mesquins en croyant devenir intelligents »
    Je ne comprends pas en quoi les hommes sont devenus mesquins et ont-ils pensé faire preuve d’intelligence.
    Pourquoi, au passage, ce besoin très catholique, hélas, de considérer « les hommes » c’est à dire les non-chrétiens comme « des minables »?
    Je vis et travaille avec ces hommes et je constate qu’ils ne sont ni meilleurs ni pires que les catholiques que je rencontre d’autre part. Je trouve agaçant et insultant cet orgueil chrétien.

  4. Redigé par Denise Lep:

    Je n’ai pas encore lu le livre d’Hélène Berr…mais les quelques phrases citées me laissent penser qu’elle a découvert, dans sa « solitude morale » bien des réalités sur lesquelles nous devrions peut-être nous attarder un peu…
    J’ai crû comprendre qu’elle exprime son étonnement devant le cloisonnement qu’établissent les hommes, et les « catholiques » pas moins que les autres, dans l’Eglise et dans le monde : différence de religion, différence de race etc…

    Jésus lui-même dans l’Evangile d’hier (27/9) répond aux disciples qui contestent « la légitimité » de certains qui font des miracles en son nom… et qui ne sont pas de ceux qui les suivent » …
    C’est la (notre) tentation permanente de nous approprier la grâce de Dieu comme une exclusivité, comme si nous n’avions pas encore compris que « le Saint Esprit souffle où il veut et quand il veut » , il n’a pas de clotures, c’est nous qui mettons ces barrières imaginaires.
    C’est certainement un des principaux obstacles de la mission de l’Eglise de tous les temps. Au lieu de rechercher des signes de l’action de Dieu dans le cœur des hommes dans le monde de tous les temps, même s’ils ne font pas ostensiblement partie « de notre groupe », nous cultivons une vision d’exclusivisme qui conduit à nous refermer sur les dons reçus…
    Annoncer le Royaume c’est accepter, c’est vouloir rencontrer les autres pour essayer de reconnaître ce que Dieu veut faire avec eux, où ils sont :…ailleurs peut-être, eh oui…
    Le scandale principal de notre Eglise est me semble-t-il une inadéquation entre la Bonne Nouvelle et la « non-annonce » que nous en faisons et donc le fruit produit ; ce ne sont pas les autres qui sont en cause c’est bien nous qui devons nous convertir, (couper un bras, une main c’est une image bien sûr), mais la conversion est une nécessité.
    Oui notre mission ne peut être enracinée que si nous laissons l’Evangile bouleverser notre vie, afin qu’elle porte son fruit.

    Exclure ne mène qu’à donner le dégout de la fréquentation du Christ, par l’image que nous en donnons !…

    Se convertir, oui c’est la condition de l’Annonce du Royaume afin que le monde soit illuminé !
    « C’est bien prendre l’Evangile comme une Parole qui fait vivre différemment ».

    Il y a 14 ans, je faisai graver sur une simple plaque de granit posée directement sur la terre de la tombe de mon mari, ces quelques mots… : « Notre Père, que Ton règne vienne ! »

    Ce n’était pas un vœu pieux, c’était et mon Espérance et mon engagement de continuer à vivre, comme nous avons modestement essayé de vivre ensemble, l’universalité de l’Eglise.

    Denise Lep

  5. Redigé par Jean-Luc:

    Je crains que vous n’ayez pas saisi que les propos ne sont pas ceux d’un « catholique » mais ceux de Hélène Berr, une jeune juive morte à Bergen-Belsen.

  6. Redigé par Michel P:

    @fraber

    Redigé par Jean-Luc:

    28/09/2009 à 21 h 33 min
    Je crains que vous n’ayez pas saisi que les propos ne sont pas ceux d’un « catholique » mais ceux de Hélène Berr, une jeune juive morte à Bergen-Belsen.

  7. Redigé par Jacqueline Viltard:

    Un prêtre est le berger du troupeau du Christ, dites-vous.
    Ne croyez-vous pas que la mission du prêtre est de faire connaître la bonne nouvelle de l’Évangile à tout homme et de s’interroger sur les moyens qui rendent crédible cette annonce ?
    Ne savons-nous pas que l’Esprit souffle où il veut et que l’appel est universel, qui s’adresse à la conscience de l’homme et vient la guider ?
    N’est-ce pas à celui qui particulièrement se réclame du Christ qu’est intimée l’exigence de se « convertir », pour lui permettre de reconnaître en celui d’un autre culte, ou en celui de de pas de culte encore, un homme ou une femme qui est aussi aimé(e) de Dieu ?
    Et sans cette ouverture à l’autre homme, que veut dire notre foi ?

  8. Redigé par jejomau:

    Tout être est aimé de Dieu effectivement … comme créature faite à son image et à sa resemblance . Personne ne peut le nier . Tout être cependant ne peut aller au Ciel : puisque seuls les « fils de Dieu » , c-à-d ceux qui sont baptisés dans le Christ , peuvent accéder au Paradis . Le reste est littérature ! Il convient aux baptisés d’avoir une grande humilité et de savoir reconnaître leurs misères … Mais je ne vois pas pourquoi également je ne serai pas fier de ma Foi et de l’amour que Dieu me prodigue en ce sens . Pour cette raison d’ailleurs , il me semble nécessaire de tout faire pour convertir les âmes que je rencontre en chemin dans ma vie . N’ont-elles pas droit elles aussi à entrer définitivement , par le baptême, dans le sein du Père ?
    C’est cette ouverture à reconnaître dans les fils de Dieu la splendeur de la Vérité dévoilée ici-bas que les autres religions affirmeront leur foi dans le Père éternel .

  9. Redigé par Jacqueline Viltard:

    Il s’agit donc d’être chrétien pour être sauvé !
    certains mystiques désirent cependant aimer le Christ, , sans en attendre aucune « récompense », comme si ce désir d’être sauvé rendait leur foi impure.
    Sans aller jusque là, vous accommodez-vous facilement de cette pensée de faire partie des élus en laissant tant d’ autres à la porte ?
    je ne me reconnais pas dans votre compréhension de notre religion.
    Qui sommes-nous pour prétendre ainsi poser des limites à l’amour de Dieu ?

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